24 novembre 2023

Emilie MAUDUIT – Soutenance de thèse

"Exploration des mécanismes à l'origine de la transition sociale au cours de l'ontogénèse chez l'araignée Agelena labyrinthica."

Soutenance en français

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Equipe : Variabilité Interindividuelle et Plasticité Émergente (IVEP), CRCA-CBI

Encadrement : Raphaël Jeanson (CRCA-CBI)

Jury :

  • Marlène Goubault-Body, Rapporteure (IRBI, Université de Tours)
  • Damien Charabidze, Rapporteur (CHJ, Université de Lille)
  • Audrey Dussutour, Examinatrice (CRCA, Université Toulouse 3)
  • Julien Bacqué-Cazenave, Examinateur (EthoS, Université de Caen)
  • Julien Cote, Examinateur (EDB, Université Toulouse 3)

Résumé :

La socialité, qui représente une étape cruciale dans l’évolution de la complexité des systèmes vivants, a évolué à plusieurs reprises chez les vertébrés et les invertébrés. Elle regroupe une diversité de formes allant des regroupements temporaires d’individus, à des sociétés hautement intégrées appelées eusociales. Bien que la transition vers l’eusocialité suscite toujours un grand intérêt, ce type d’organisation sociale n’est pas représentatif de la diversité des formes de vie sociale chez les invertébrés. Ainsi il est nécessaire d’identifier les caractéristiques communes à toutes les formes de vie sociale pour comprendre les origines de la socialité permanente. L’étude des espèces présentant une vie sociale transitoire revêt un intérêt particulier puisque chez ces espèces, les juvéniles vivent ensemble pendant des périodes plus ou moins longues avant de se disperser pour mener une vie solitaire. D’un point de vue distal, les variations ontogéniques du comportement social sont vraisemblablement accompagnées d’un changement dans les coûts et les avantages associés à la vie en groupe. D’un point de vue proximal, les mécanismes qui déclenchent la transition d’un mode de vie social temporaire à une vie solitaire demeurent encore à élucider. Les araignées constituent un modèle pertinent pour aborder l’étude des transitions sociales, car toutes les espèces d’araignées (> 51 500) présentent une phase sociale transitoire : les juvéniles sont grégaires et tolérants puis deviennent solitaires et agressifs à l’âge adulte (à l’exception de 20 espèces d’araignées restant sociales tout au long de leur vie). Des travaux antérieurs ont montré que l’isolement social qui résulte de la dispersion naturelle des araignées déclenche leur agressivité. Les objectifs principaux de ma thèse étaient donc d’examiner les modalités de communication impliquées dans le maintien de la tolérance sociale chez l’araignée solitaire Agelena labyrinthica et de caractériser l’impact de l’isolement social sur la perception et l’intégration des signaux sociaux. En manipulant le contexte social au cours de l’ontogenèse chez les juvéniles, nous avons démontré l’existence d’un développement ontogénétique de l’agressivité, révélé l’existence de différences métabolomiques en fonction du contexte social, montré que l’apparition du cannibalisme ne résulte pas d’une réduction des réserves énergétiques, mis en évidence que la tolérance sociale peut être restaurée après la mue et enfin observé que le maintien de la tolérance nécessite la perception d’un signal émis par une araignée vivante. A travers différentes approches comportementales, cette thèse suggère que le changement de communication à l’origine du déclin de la tolérance sociale chez les araignées juvéniles impliquait une modification de la perception et/ou d’interprétation des signaux de communication par les individus isolés.

 

24 novembre 2023, 13h3016h30
Salle de conférence du bâtiment 4R4, CBI (Toulouse)
Campus Université Toulouse III - Paul Sabatier